C’est peu de dire que cette première soirée gangbang nous avait profondément marqués, l’un comme l’autre. Nous ne cessions de l’évoquer entre nous. Mon homme avait baisé l’autre libertine, tout en me matant, défoncée dans toutes les positions par des bites étrangères. Il avait adoré ça, et moi aussi. J’avais aimé être la salope de tout le monde, ce sentiment de ne pouvoir se refuser à personne, mêlé à cette sensation de toute-puissance de mener les hommes « à la baguette », si j’ose dire.

La salope de tout le monde ?

Il avait été fier de sa femme, de la façon dont j’avais su profiter de cette initiation au gangbang gratuite, généreusement prodiguée par cette libertine plus âgée que nous, qui était d’ailleurs venue dans le club sans son mari, ou quiconque, pour « superviser » les agissements des mâles. J’avais été très impressionnée – c’est le moins que je puisse dire – par la libertine, sûre d’elle, sachant où se trouvait son plaisir, maîtrisant tout en douceur les appétits des hommes à son égard.

Aujourd’hui, les années ont passé, et c’est le plus souvent moi qui joue les initiatrices. Il m’arrive régulièrement de prendre en main une apprentie gangbangueuse, pour lui apprendre comment devenir la salope de tout le monde, la victime consentante de tous les mâles. Ce qui n’est pas bien dur, non. Ce qui est plus compliqué, c’est d’associer cet abandon, ce lâcher prise érotique le plus total, avec la conviction qu’au fond, c’est bien la femme qui mène la danse.

Jamais je ne me suis sentie soumise à tous ces hommes. Pour le scénario, bien sûr, pour l’excitation de l’histoire qu’on se raconte quand on se retrouve baisée à la chaîne sur le lit d’un club échangiste. Mais, et je tiens à le dire haut et fort ici, c’est toujours moi, et moi seule, avec la complicité de mon mari, qui abuse des hommes, de leur faiblesse, de leur irrépressible envie de baiser tout ce qui bouge, qui les utilise pour mon bon plaisir.

La femme vraiment libre

Après cette initiation au gangbang, nous sommes retournés fréquemment dans le club où tout est arrivé, mais aussi dans le premier, celui où nous avions pratiqué l’échangisme. A l’époque, nous alternions de façon assez régulière entre des plans échangistes avec d’autres couples, à quatre, à six ou plus, et des sorties dédiées à la pluralité masculine pour moi, mon mec en profitant éventuellement pour s’amuser avec une des mes « consœurs » partouzeuses.

Mais, plus le temps avançait, plus je ressentais cette envie constante d’être la salope de tout le monde, le centre de toutes les attentions, la victime heureuse de la libido débordante des clients des soirées mixtes des clubs libertins. Et il y avait quelque chose en plus. Le fait d’être ainsi la salope de tout le monde, la nana qui couche avec n’importe qui sans se soucier du comment et du pourquoi, m’ouvrait de nouveaux horizons. Posez le fait que vous vous devez de coucher avec tout le monde, sans faire de choix. Vous vous trouverez alors libérée d’un poids : celui de justifier vos choix érotiques.

Qu’un type de vingt ans mon aîné, bedonnant, très poilu, au regard trop vicieux ou autre, me trouble, et il m’incombait de le satisfaire, comme tous les autres. Qu’une situation scabreuse, perverse, glauque, m’émoustille, et je devais m’exécuter comme en toutes circonstances. Et je pouvais ainsi vivre mes fantasmes les plus inavouables sans avoir à me justifier, ni auprès de mon mari, ni de mes amis libertins, pas plus qu’envers moi-même. Etre la salope de tout le monde, c’est s’assurer l’accès à tout : à tous les vices, à tous les corps, à toutes les bites, à tous les fantasmes. Et, franchement, je n’échangerais cette place pour rien au monde.

à suivre