Bonjour, je m’appelle Audrey et je suis libertine. Je commence ce journal, car je fête aujourd’hui mes trente ans et qu’il me semble qu’il s’agit d’une bonne date pour faire le point sur ma vie érotique, mes envies, mes fantasmes.

Depuis 3 ans maintenant, je batifole avec délice en compagnie de mon chéri, Manu. A ce stade, je crois utile de préciser que je suis très amoureuse de mon Manu et qu’il est très amoureux de moi.

Autre précision, je ne suis ni un cageot, ni un top-model : plutôt petite (1m60), brune, la peau matte et quelques rondeurs plutôt bien placées, je pense. Les mecs disent de moi que je suis une jolie fille. Pas « waouh, la bombe ! » mais une jolie fille.

J’ai une belle paire de seins, dont je suis assez fière, deux jolies pommes pas énormes, mais qui se moquent pour l’instant, de Newton et de sa gravité. Un petit ventre de femme, « mignon » dit Manu, et un cul dont on me fait des compliments pas toujours désintéressés.

Manu et moi nous sommes rencontrés sur les bancs de la fac, à 25 ans, tous les deux. Nous nous sommes immédiatement très bien entendus, à la verticale comme à l’horizontale: les mêmes goûts, les mêmes centres d’intérêts. Nos penchants coquins respectifs se sont révélés l’un à l’autre un peu plus tard, après deux ans de relation « fidèle ».

Nous vivons ensemble dans un petit appartement parisien, entourés d’amis pas tous libertins. Pas d’enfants, nos parents éloignés géographiquement (nous sommes tous les deux originaires du sud de la France).

Pour tout dire, je n’ai pas exactement commencé à fréquenter les clubs libertins avec Manu. En fait, j’avais tenté l’expérience un an avant notre rencontre, en compagnie de mon meilleur ami, un « ex » de lycée. Drôle d’idée.

Je passais alors mes vacances d’été chez mes parents, non loin de Montpellier. Nous passions nos journées à lézarder sur une plage avec une partie de mes amis et amies d’enfance, dont Xavier. Avec lui, je soufflais le chaud et le froid, indécise sur le cour que je voulais donner à notre relation.

Autour d’une soirée alcoolisée, l’idée fut lancée de passer une journée à la plage naturiste du Cap d’Agde. Chacun se persuadait de pouvoir le faire sans aucun complexe avant que, petit à petit, tous ne se dégonflent.

Fin de soirée. Il ne restait alors plus que Xavier et moi en état de tenir une vague conversation. Et celle-ci porta sur les fameux clubs qui faisaient la réputation du village naturiste. Ivresse aidant, je proposais: « allons-y tous les deux, on verra bien ». Et lui, assez énervé, apparemment, de la désertion des autres pour le naturisme : « Ok, mais tu te dégonfles pas au dernier moment ».

Voilà comment nous atterrîmes au Jul’s, une boite dont la rumeur disait qu’elle était la plus chaude du quartier naturiste. J’étais habillée pour l’occasion, de la façon la plus coquine que me permettait alors ma garde robe, à savoir, ma petite jupe portefeuille – si fendue que je la porte d’habitude sur mon maillot de bain – et un dos nu noir.

Nous avions convenu que nous étions là « pour voir » que nous ne ferions quelque chose que si nous trouvions un couple qui nous plaise vraiment à tous les deux. Façon pensions-nous, de pouvoir nous défiler facilement.

Xav’ n’ignorait rien de ma curiosité pour les filles (j’avais eu, au lycée, quelques expériences de pelotage et autre flirts), la femme de ce couple idéal devait absolument être bi. Et pour les relations entre Xav’ et moi, nous nous étions déniaisés dans les bras l’un de l’autre, il n’y aurait donc pas de quoi en faire un plat.