C’est bien connu, la chance sourit aux audacieux. Et en matière d’audace, je dois dire que je ne suis pas en reste. Pour preuve, cette aventure qui m’est arrivée il y a de cela un mois, alors que je recevais mes potes de fac, filles et garçons, pour un dîner entre amis qui s’est révélé très intéressant. J’ai la chance de fréquenter un cursus où il y a bien plus de filles que de garçons. Le genre littéraire et artistique. Vous voyez le topo. Mon groupe d’amis étudiants est donc, logiquement, constitué davantage de nanas que de mecs, et je peux vous certifier que chacune des quatre filles a quelque chose pour plaire.

Une soirée d’étudiants

Il y a Sabrina, la madone ritale, grande, brune, au teint hâlé, qui promène son imposante poitrine dans les couloirs de la fac en rigolant tout le temps. Cécile est plus discrète, ne serait-ce que par le physique : une jolie meuf, certes, mais un peu brindille sur les bords. Et puis Claude, un petit brin de fille, pas plus grande qu’une gamine, assez ronde, avec des formes là où il faut et un sourire enjôleur. Et ma préférée : Frédérique, une belle plante, un peu bohême, pour laquelle nous craquons tous.

Nous, c’est Stéphane et Aziz, mes deux potes, et moi-même, bien sûr. Comme beaucoup de mecs de notre âge, nous ne manquons jamais une occasion de nous amuser, et de faire les cons. Alors quand j’ai repéré ce jeu sur internet, les autres m’ont encouragé à l’acheter, et le laisser bien en évidence lors d’une fête entre amis, histoire de voir si il saurait attirer la curiosité de l’une des filles. Ce jeu, c’est le poker déshabilleur. Un jeu de poker classique, avec des billets rigolos à la place des jetons et un super système de gages qui conduit le perdant à se retrouver à poil et à faire tout un tas de choses pour le vainqueur.

Le strip-poker

J’ai pu tester le coffret avec une conquête d’un soir. J’ai du tomber sur une pro du bluff, car elle m’a – dans tous les sens du terme – plumé. Mais je peux vous dire que je me suis éclaté ce soir là. Alors, l’idée d’en faire profiter nos copines, avec qui nous jouons d’ailleurs très souvent au poker, m’emballait carrément. La soirée s’annonce bien. J’ai mitonné un joli poulet au gingembre, dont on dit qu’il a des propriétés aphrodisiaques sur le beau sexe, le rhum-coco a coulé à flot durant tout l’apéritif. Mais aucune de ces demoiselles n’a consenti à jeter un œil au coffret de jeu, pourtant laissé bien en évidence par mes soins.

Jusqu’à ce que, le dessert arrivant, Sabrina, pourtant de loin la plus prude des trois, ne finisse par s’étonner de la présence de ce jeu dans mon appartement. « Hé ben, Sam, je vois que tu as de drôles de façon d’emmener tes conquêtes dans ton lit ! » s’étonne-t-elle. Je n’avais pas prévu ça : je pique un fard… Heureusement qu’Aziz arrive à ma rescousse : « non, mais franchement les filles, qui n’a jamais joué à des jeux comme ça ? C’est trop marrant, c’est surtout sexy ». Les filles se regardent circonspectes. Apparemment, aucune d’elle n’a tenté l’expérience du strip-poker ou d’un jeu coquin dans le genre. Ce qui ne les empêche pas de se montrer curieuses.

Les filles hésitantes

Surtout Sabrina, qui embraye. Comment y joue-ton, que se passe-t-il quand quelqu’un refuse un gage…etc…etc… Stéphane met un point d’honneur à la rassurer, ce n’est qu’un jeu après tout. Et on mange le dessert. Le repas terminé, à l’heure où, à l’accoutumée, on se lance dans un tournoi de Omaha échevelé, c’est cette fois Cécile qui, étonnamment, rempart à la charge. Et si on essayait ce fameux jeu déshabilleur ? Je vois une lueur briller dans l’œil lubrique de mes camarades mâles. Vite éteinte par la réaction de Claude, qui refuse catégoriquement de jouer à des jeux « sordides ».

Bizarre, la sexy rondouillette n’est pourtant jamais la dernière à parler de cul. Et plus étrange encore, la libérée Frédérique la soutient. Elle dit qu’elle serait prête à jouer, mais que si tout le monde n’est pas d’accord, c’est nul. On ne peut pas la contredire. Alors Sabrina, qui semble plus motivée que jamais, travaille Claude au corps, en lui répétant tous les arguments de Stéphane : « si ça ne nous plait pas, on arrête ». Et Claude de nous avouer qu’elle ne se sent pas à l’aise avec le Texas HE. Pas grave, elle partira avec un vêtement de plus que tout le monde. Il ne reste plus qu’à distribuer. Dès la première main, Sabrina – dont ce n’est pas l’habitude – se lance dans un énorme bluff qu’Aziz lit parfaitement. A l’abattage, elle montre piteusement un jeu horrible et le pauvre billet qui lui reste en main.

Sabrina, la risque-tout

Evidemment, ce qui devait arriver arriva. Sabrina, en soutien-gorge, ses gros nichons ballottant sous nos nez, distribue une nouvelle fois. A croire que la plantureuse latine est d’humeur exhibitionniste, car elle se lance à nouveau bille en tête dans un jeu à risque. Tapis, suivi par Claude, qui reprend confiance. Il lui faut tomber soit le soutif, soit le pantalon. Elle choisit le soutien-gorge, nous dévoilant, sous nos regards estomaqués, les énormes tétons qu’elle abritait consciencieusement sous des tenues les moins provocantes possibles. A ce rythme là, la soirée va être chaude pour nous, et plutôt frisquette pour Sabrina.

Le jeu se rééquilibre. Echauffée par ses récentes défaites, Sabrina se fait plus prudente. Si bien que nous nous retrouvons toutes et tous en sous-vêtements avant qu’elle n’ait eu l’occasion de retirer son pantalon. C’est Aziz qui tombera le caleçon le premier. Devant Cécile, sa triomphante amusée, il se lève et révèle une gaule exubérante qui fait partir l’assemblée dans un fou rire gêné. « Ben quoi, on ne contrôle pas ses émotions à mon âge » avoue-t-il, penaud.

Orgie, ou pas ?

On en arrive aux gages. Le règlement le prévoit dès qu’un des participants se retrouve en tenue d’Eve ou d’Adam. Et c’est à ce moment là que Sabrina panique : « ça ne me gêne pas de me retrouver nue devant vous, ça m’excite même un peu, mais je ne veux pas faire n’importe quoi ». Décision est prise de substituer aux gages du jeu nos propres idées. Ainsi, chacun pourra faire preuve de retenue.

Croit-on. Car au bout d’une heure de jeu supplémentaire, nous nous retrouvons les uns lascivement collés aux autres, les caresses volontaires et les baisers volés ayant remplacé les gages. La partie de strip-poker a tourné à l’orgie estudiantine et Sabrina n’est pas la dernière, elle qui me suce goulûment sans avoir perdu aux cartes. La chance sourit aux audacieux, voilà une chose certaine. Mais moi qui n’ai cessé de perdre au poker, je peux vous dire que j’ai gagné, ce soir-là, des souvenirs érotiques qui valent beaucoup plus que n’importe quelle quinte flush royale.